Les arbres en ville de Bujumbura : pour le bien-être de la population et la lutte contre le changement climatique

Le service forestier du Burundi a été créé en 1948; et c’est ainsi que plusieurs arbres ornementaux ont été multipliés et plantés pour embellir les parcelles des quartiers résidentiels, les avenues des grands axes routiers ; et les espaces verts qui étaient aménagés au centre-ville. Au niveau des anciens quartiers périphériques; il y avait des plantations d’arbres fruitiers à prédominance de manguiers.  Le changement climatique n’était pas encore une préoccupation à cette époque, l’attention était plus focalisée sur l’embellissement de la ville.

Avec les travaux de réhabilitation et la création des infrastructures, ces arbres ont été coupés ou arrachés sans être remplacés. Certaines avenues portent encore les noms de ces arbres qui les bordaient à l’époque, par exemple : l’avenue des acacias, des cocotiers, des manguiers, etc.

Aujourd’hui le changement climatique a d’ores et déjà des répercutions concrètes sur le Burundi et la ville de Bujumbura, comme ces épisodes de vagues de chaleur ainsi que ces pluies torrentielles qui s’abattent sur le pays. Une étude sur les effets du changement climatique au Burundi prévoit une hausse de la température d’ici à 2060 de 2,9°C et d’ici à 2100 de 4,7°C ! Les projections prévoient également la hausse de la pluviométrie, probablement accompagnée par des évènements climatiques extrêmes. Les conséquences du changement climatique auront un impact important sur les activités humaines. Une adaptation de l’homme est donc incontournable !

Une mesure d’adaptation sans regret est le verdissement des villes ! Certaines organisations et universités font des recherches sur l’impact de l’arbre en ville sur les effets du changement climatique. En effet, les arbres ont la capacité de filtrer l’air, voire de capter les poussières et polluants atmosphériques. Plusieurs villes ont déjà amorcé un programme de végétalisation selon le principe « 1 habitant, 1 arbre ». Les végétaux rafraichissent les températures, consomment du CO2 et rejettent de l’oxygène grâce au mécanisme de photosynthèse. Les grands arbres, en particulier, sont considérés comme « des puits de carbone » grâce à leur grande capacité à stocker du carbone tout au long de leur vie (1m3 de bois peut stocker 1 tonne de CO2).

Que faire pour développer le potentiel d’adaptation au changement climatique dans la ville de Bujumbura ?
La réponse semble être simple, mais difficilement réalisable : « il faudrait planter plus d’arbres » ! Mais hélas planter des arbres ne suffit pas. Il faut des préalables pour une bonne intégration de l’arbre en ville. La conciliation entre le bien-être de l’arbre et les contraintes urbaines est un grand défi. Mais il y existe des potentiels de verdir d’avantage les espace urbains via la plantation:

1. D’arbres d’accompagnement des voies qui sont plantés selon un ordonnancement régulier et en général à égale distance, et sont aussi appelés « arbres d’alignement ». Ils servent à structurer et à accompagner de manière paysagère les voies de circulation,
2. D’arbres des espaces verts publics, qui sont plantés lors d’un projet d’aménagement paysager en vue d’agrémenter les parcs et les jardins et autres espaces verts publics,
3. D’arbres d’accompagnement d’équipement et d’immeubles publics comme les cours d’écoles, les bureaux, les terrains de sports, etc.
4. D’arbres des espaces naturels urbains qui se situent dans des zones dites naturelles ou la présence arborée s’apprête à celle rencontrée dans la nature environnante et souvent issue de la régénération naturelle. 

Dans certains anciens quartiers, on devrait remplacer les arbres vieillissants ou malades par des jeunes plants ; exiger la plantation d’essence ayant un rôle dans l’assainissement de l’air et la régulation des températures extrêmes (arbres au feuillage développé), en tenant compte des contraintes d’urbanisme. De même, la stabilisation des berges des rivières qui traversent la ville de Bujumbura par des arbres depuis l’embouchure jusqu’à la source est nécessaire pour diminuer l’érosion des sols et la destruction des infrastructures. Plusieurs études ont montré que cette mesure d’adaptation verte est beaucoup moins couteuse que la construction d’infrastructures de stabilisation (dite mesure grise) ainsi qu’aux couts liés à l’inaction. Les pouvoirs publics devraient prendre la mesure de l’importance et du fondement d’avoir une ville arborée en intégrant tous les bienfaits des services écosystémiques rendus à la population et les problèmes qui pourraient être évités.

 

Le changement climatique est là - adaptons-nous! Augmentons la résilience et conduisons-nous vers un environnement plus sain.


IWACU 12/2016

Le Renouveau 12/2016

 

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