GALS et l’approche « Ménage Modèle »

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Depuis juin 2019, le projet ACCES, a introduit dans son approche « Ménage Modèle » le Gender Action Learning System ‘’GALS’’, un système participatif axé sur les ménages au cours duquel les acteurs du ménage : hommes, femmes et enfants réalisent leur potentiel économique, social sans discrimination de genre pour le renforcement des ménages et de la communauté.

Le projet ACCES a dispensé des formations sur les outils GALS avec un focus sur « l’arbre de l’équilibre genre et la route vers la vision » en faveur de 388 Ménages Modèles Formateurs (MMF) et 1940 Ménages Accompagnés (MA) sur 13 collines du pays issus de 6 communes.

Formation GALS sur la colline Musenyi, commune Nyabiraba.

L’objectif visé de ces formations est de réduire les inégalités de genre identifiées lors de l’analyse genre conduite par le projet en 2019 dans les zones d’intervention du projet.

Ainsi, 2 328 Ménages Modèles et Ménagés Accompagnés ont été amenés à examiner en 5 étapes les inégalités de genre à travers « l’arbre de l’équilibre genre » : analyse des inégalités de genre : (i) entre les membres du ménage (h/f/enfant) ;(ii) dans les activités domestiques, de production économique qui génère des revenus, etc ; (iii) dans la gestion des revenus ; (IV) ainsi que la prise de décision. Les résultats de cet examen ont fortement étonné les hommes qui ont constaté qu’il y avait beaucoup plus d’inégalités entre l’homme et la femme qu’ils ne le croyaient. Ensuite à partir des inégalités de genre identifiées, (v) l’homme et la femme ont pris des engagements et ont proposé, en commun accord, les changements visés pour cheminer vers l’égalité genre. Finalement ils/ elles se sont fixé les délais pour atteindre les changements de comportement souhaités.

Bien plus, ces ménages ont été appuyés par le projet dans l’élaboration des visions de développement familial, un autre outil de GALS. En effet, le rapport de l’analyse genre a montré que les revenus familiaux sont gaspillés dans les boissons alcoolisées essentiellement par les hommes sans le moindre souci des besoins du ménage. Par conséquent aucune planification ni à court ni à long terme n’est envisagée.

Ainsi, avec l’appui du projet, chacun de ces ménages s’est doté d’une vision et d’une planification consensuelle pour développer son ménage, laquelle est affichée dans la maison pour servir de rappel, mais aussi de suivi et surtout d’engagement. L’élément essentiel, de cet outil, est la participation effective de la femme dans la prise de décision surtout sur l’affectation des revenus du ménage.

Route vers la vision d’un ménage de la colline Musenyi, commune Nyabiraba.

Ainsi les visions et perspectives de développement familial élaborées par ces ménages consistaient à définir, dans un premier temps, la situation socioéconomique actuelle des ménages. A l’intérieur de petits cercles, ils ont défini les objectifs annuels et intermédiaires sur 3 mois.  Les opportunités et contraintes ont été identifiées. Enfin, ils ont inventorié des actions à mener pour atteindre ces objectifs.

Notons que les visions sont élaborées à base des dessins conventionnels de manière à ce que même les personnes ne sachant pas lire ni écrire puissent comprendre et suivre les activités et l’atteinte de l’objectif global.

Les bénéficiaires du projet ont témoigné que finalement elles/ils n’étaient pas aussi pauvres que ça ! C’était plutôt la mauvaise gestion des revenus familiaux, le manque de concertation, d’entente familiale ainsi que la planification conjointe qui leur faisaient défaut. Dans tous ces ménages, l’on remarque une nette amélioration des rapports sociaux de genre, une amélioration de la production, une augmentation de la confiance mutuelle et par conséquent une hausse des revenus. Plus de 80% des ménages témoignent qu’ils ont déjà atteint leurs premières visions et ont déjà planifié une seconde vision et se disent très satisfaites de l’efficacité de l’outil GALS quant à son impact sur l’amélioration des revenus des ménages et l’entente familiale.